Présentation générale des collections patrimoniales

Juste un scoop pour commencer : la Révolution Française n’aurait pas engendré qu’une République. Dans son grand élan démocratique, elle a aussi mis le feu aux poudres des bibliothèques. Comme un peu partout en France, l’histoire des collections municipales commence avec la confiscation des trésors des abbayes, dans les années 1790.

Précieux, magistral et éclectique… un fonds exemplaire pour Villon.

C’est un chantier titanesque, un travail de longue haleine. Plus de 200 ans pour élaborer la collection patrimoniale qui attire aujourd'hui à Rouen, des chercheurs du monde entier. Depuis les premières confiscations révolutionnaires en 1791, les fonds n’ont cessé de gagner en épaisseur et en intérêt, grâce aux legs, dons et achats qui se sont succédés tout au long des XIXe et XXe siècles. Ils ont permis de collecter pêle-mêle livres anciens et manuscrits précieux, éditions rares, estampes, dessins, photographies, partitions, affiches, plans, pièces de monnaies, médailles, archives, et même globes terrestres ou cartes à jouer…

Générique !

Avant de rejoindre les rayonnages de Villon, toutes ces traces ont été la propriété (et la fierté) de bibliophiles passionnés, d’amateurs éclairés, de collectionneurs boulimiques ou d’héritiers d’une consistante filiation. La liste est longue. Par ordre d’alphabétique d’apparition dans les rayons, citons :

- Jules Adeline,

- Théodore Bachelet et ses partitions,

- Docteur Baratte et ses 2 000 portraits,

- Baudry et son cortège de notes de musique,

- Pierre Bettencourt et ses éditions,

- Burchell et ses clichés de Rouen,

- Jean-Michel Constant-Leber,

- Charles-Etienne et Eugène Coquebert de Montbret,

- Docteur Desbois et sa bibliothèque « occulte et magnétique »,

- Dieusy et ses histoires normandes,

- Marcel Dupré et son fonds mélomane,

- Duputel et ses autographes,

- Dutuit et ses estampes,

- Caroline Franklin-Grout et ses « Flaubertises »,

- Froudière et sa « littérature de robe » (jurisprudence),

- Gadeau de Kerville,

- Girardin et sa « littérature scientifique »,

- Charles Lormier,

- Jules Hédou,

- Mme « feu » Barthélémy Lecarpentier et son cabinet sonnant et trébuchant en 3 000 pièces et médailles,

- Pierre Le Verdier et son fonds « Cazin »,

- Léon Méhédin et ses « carnets de voyages » archéologiques (dessins et photographies autour de campagnes de fouilles réalisées en Crimée, Italie, Mexique et Egypte, à la fin du XIXe siècle),

- Le Marquis de Martainville et sa compilation sur l’histoire normande,

- Paul Petit,

- Raban et son fonds satirique et documentaire sur la fin du Second empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris,

- Eugénie Sanson-Boieldieu,

- Camille Vallery-Radot et ses « Jeanneries »,

- Jean des Vignes rouges.

Ces fonds nous fascinent tous autant par la diversité des disciplines qu’ils abordent. Arts, droit, physique, chimie, médecine, archéologie, musique, architecture, littérature, sciences... une université globale en un seul lieu.

Graals et curiosités

Au titre des raretés détenues par Villon, on peut citer notamment :

  •     Deux manuscrits de Flaubert (Madame Bovary et Bouvard et Pécuchet)
  •     Le Livre des Fontaines de Rouen, qui déploie des vues détaillées de la ville en 1525. Une archive unique !
  •     Une correspondance entre Voltaire et Cideville.
  •     Des tablettes mésopotamiennes

Et dans le cabinet des curiosités… la collection tout en « objets dérivés »  de Camille Vallery-Radot. Petite fille de Pasteur, cette fan compulsive de la figure de Jeanne d’Arc a cédé à la ville de Rouen l’intégralité de son étonnante collection : collection d’ouvrages « johanniques », statuettes, médaillons, et autres objets dérivés, tous à l’effigie de celle qui, à Rouen, fut brûlée vive.

Des collections sous cloche

On veille sur elles comme sur un trésor. La conservation de ces fonds fragiles et rares constitue une problématique centrale : régulation de la lumière, surveillance hygrométrique des magasins, boitage sur-mesure pour les ouvrages abîmés, consultation exclusivement sur place si les mesures de protection l’exigent… Tout est mis en œuvre pour prolonger l’espérance de vie de ces dignes ancêtres.

Conservés dans une réserve spéciale, sous haute-protection, les documents les plus précieux, tels que les manuscrits, sont consultables exclusivement avec l’ « aimable » autorisation du conservateur.

Du patrimoine subi au patrimoine choisi : le patrimoine nouvelle définition

Faut-il tout conserver ? Un manuscrit de Jean Giono a-t-il sa place dans une bibliothèque normande ? Constituer une collection patrimoniale, c’est aussi choisir, étudier la pertinence de posséder un document, au regard du contexte et du patrimoine déjà existant.

Dans l’enfer de Villon ?

Si tout Théâtre digne de ce nom a son paradis, toute bibliothèque qui se respecte a son enfer… Ici, derrière les grilles, des ouvrages bannis purgent leur peine perpétuelle. Licencieux ou contestataires, vous pouvez toujours les réclamer, ils n’obiendront pas de remise de peine pour vous rejoindre au parloir !

Fonds litteraires

De Barbey-d’Aurevilly à Raymond Queneau, d’Alphonse Allais à André Gide, d’Alexis de Tocqueville à Flaubert, de Pierre Corneille à Guy de Maupassant…
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Fonds Musicaux

Mélomane, la bibliothèque Jacques Villon collectionne les mots et les notes. Avec ce fonds qui couvre 9 siècles d’histoire musicale, elle a de quoi vous faire chanter.
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Fonds Photographique

Le 8e art en plus de 50 000 pièces. De nature encyclopédique, notre album photos s’étale sur 150 ans d’histoire et conserve quelques raretés.
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Fonds Normand

Si ce fonds fait preuve d’un chauvinisme parfaitement assumé, c’est uniquement dans le souci de fertiliser sa mémoire.
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